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Tutto ebbe origine dal liscio, parola di Casadei

Née dans l’arrière-pays padano, cette musique gaie et solaire est devenue la bande originale de la Romagne grâce à l’orchestre de Raul Casadei.
Le liscio pour les romagnoles est un peu comme la country pour les américains ou la samba pour les brésiliens : non seulement une musique très populaire mais surtout un style de vie”. Si le dit Raul Casadei, le roi incontesté de ce genre musical, il faut le croire. Aussi parce que Raul  – 58 ans et plein de gaieté, demeurant à Cesenatico, un caractère exubérant et solaire (<<Je suis né sous le signe du Lion>>, précise-t-il avec une pointe d’orgueil) - est fils de l’art. Ou mieux, neveu de l’art. En effet, son oncle n’était autre que Secondo Casadei passé à l’histoire comme fondateur de l’orchestre du même nom. Un nom, une garantie. Mais également une marque de qualité pour le folk made in Romagne.
<<Mon oncle>>, raconte Raul, <<fonda le groupe il y a longtemps, en
1928. A l’époque, le son caractéristique du liscio se basait essentiellement sur deux instruments : le saxophone haut et la clarinette en do, qui possède un son acidulé et chaleureux>>. Ainsi Raul, qui était instituteur (mais depuis toujours passionné de musique), commença à collaborer avec Secondo. Il écrivait des chansons et, lorsque l’école le permettait, partait jouer avec lui. A la mort de Secondo, en 1981, par la volonté de la foule, la conduite de l’orchestre passa à Raul : <<J’étais son héritier naturel, des milliers de romagnoles m’écrivirent ou vinrent me parler me priant de poursuivre la ”mission” de mon oncle. Voilà pourquoi je me décidais à laisser définitivement l’enseignement et à me jeter la tête la première dans cette aventure musicale extraordinaire>>.
Mais Raul Casadei est aussi et surtout un innovateur (les puristes disent un “traitre”). En 1982, il écrit “Ciao mare” et la présente au Festivalbar l’année suivante. Un grand succès, la chanson se classe aux premières places du hit parade et explose alors la “fièvre du liscio”. Ce genre – aussi facile à retenir et aussi dansant que techniquement très difficile à jouer – était né à l’origine dans l’arrière-pays, dans cette zone de
la Basse Padane , comprise entre Parme et Reggio Emilia. Nous sommes au début du siècle, quand cette musique entre dans le domaine public, se transforme en culture de masse : “Elle plait à tous”, comme l’a écrit le musicologue Remo Melloni, “elle agit comme un stimulus pour connaitre notes et partitions, et déclenche le processus de la création musicale”. A l’époque, les petits orchestres tournaient de ville en ville et commençaient la soirée avec un morceau d’habileté, appelé “l’invitation”, pour chauffer le public et l’inviter justement à la danse.
Seulement plus tard, le liscio se déplace sur la côte romagnole, perd en “pureté” et devient plus populaire, également parmi les touristes qui passent le mois classique de vacances sur
la Riviera.
<<Ce n’est pas par hasard>>, souligne Casadei, <<qu’une vingtaine d’année en arrière le liscio était dansé principalement par un public de campagne, alors qu’aujourd’hui de nombreux jeunes et très jeunes le pratiquent avec un grand amusement et aussi avec une pincée de transgression. En somme, la guinguette est mieux que la discothèque>>.
Ensuite, il ne faut pas oublier que le liscio a été une espèce de gymnastique de la culture interclassique. Autrefois en effet, seuls les riches pouvaient se permettre le luxe d’aller danser. Les gens du peuple n’avait pas cette possibilité, parce que la journée de travail était très longue et le concept de temps libre n’existait pas. Le liscio a donné cette opportunité aux classes moins aisées, et a “démocratisé” la culture.
Aujourd’hui l’Orchestre Casadei peut se vanter de plus de soixante ans d’activité, des milliers de concerts, des millions de kilomètres parcourus dans toute l’Italie, une trentaine de disques et plus de quatre cents chansons à son répertoire. Et tout ceci bien que Raul se soit retiré de la scène en 1980 : <<J’avais mené une vie très dure pendant 10 ans, j’étais fatigué et j’ai préféré laisser la place aux jeunes. Mais je continue à écrire des morceaux pour l’orchestre et je m’occupe de toute la partie organisatrice, ce qui n’est pas rien>>.
De plus, le musicien volcanique de Sant’ Angelo de Gatteo a lancé la énième provocation : le latino-romagnole. Qu’est-ce-que c’est ? <<C’est une Musique Solaire, liée aux plages de Romagne, qui dérive de ma recherche sur les racines de la danse liscio et sur les diverses traditions ethniques latines et méditerranéennes : ainsi la clarinette en do s’est rapprochée des bongos et des maracas et a épousé d’autres rythmes>>.
Et pour vulgarises le verbe de
la Musique Solaire , Casadei a crée la Nave del Sol (Bateau du Soleil), un bateau-spectacle itinérant qui propose trois mini-croisières par jour sur l’Adriatique avec un menu à base de danse, de joie et de spectacle. Naturellement, avec tous les succès vieux et nouveaux du Maitre comme bande originale, de “ La Canta ” à “Simpatia”, de “Amico sole” à “Romagna capitale”. Et le liscio traditionnel ? <<Il deviendra archéologie. Alors que mon liscio deviendra la musique nationale de la danse>>. Parole de Casadei.

 















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